La chute des anges

Immaculee conception

(28 septembre 2008) – Afin de susciter des questions sur la spiritualité et l’avenir du patrimoine religieux du Québec, un artiste de la Vieille Capitale – Jean-Marc Mathieu-Lajoie – récupère des objets sacrés auxquels il tente de redonner un nouveau sens en en faisant des œuvres d’art.

À regarder ici (reportage de Denis Roberge pour Second Regard, septembre 2008).

‘Dans l’espace d’une blancheur parfaite de la Galerie des arts visuels de l’Université Laval, l’artiste de Québec Jean-Marc Mathieu-Lajoie présente, jusqu’au 4 octobre, une installation composée des fragments récupérés d’une chapelle destinée à la démolition.

Le chaos apparent de La Chute des anges, plaques de marbre fracassées, angelots de plâtre, rosaces, chapiteaux, pilastres et fleurs sculptées, s’harmonise, à mesure que l’on se déplace autour de l’amas de débris, en une architecture chamboulée qui conserve une certaine logique spatiale.

Entre les poussières et la solidité manifeste du christ en gloire, on retrouve les signifiés multiples d’une oeuvre remarquable qui s’ouvre à toutes les interrogations’ –  Journal Voir, 11 septembre 2008 (ici).

Aussi sur le sujet :

‘Patrimoine profané’

Marcel Junius, Libre Opinion, Journal Le Devoir, Édition du jeudi 11 septembre 2008

On a tué le patrimoine. Il repose à la Galerie des arts visuels de l’Université Laval. Voilà des années que l’orage s’annonce. C’est aujourd’hui une tornade percutante. L’artiste Jean-Marc Mathieu-Lajoie expose les débris du magnifique décor intérieur, maintenant saccagé, de la chapelle des soeurs franciscaines de Marie située sur la Grande Allée, à Québec.

L’effet est choquant. Il l’est d’autant plus que «l’architecture intérieure de cette chapelle est d’un grand intérêt», comme l’ont décrite Luc Noppen et Lucie K. Morissette dans un document de la Ville de Québec intitulé Lieux de culte. Ils ajoutent: «Il s’agit d’un exemple achevé d’un style baroque romain, ce qui est unique à Québec.» Eh bien, ce patrimoine unique apparaît dans cette exposition sous la forme d’un amoncellement de rebuts jetés à terre. Dérisoire et inutile. Ces fragments de décor représentent l’agonie d’un patrimoine qui fut spectaculaire. Il n’existe plus. Il est déchet. Incroyable!

L’artiste, délibérément, provoque et nous donne froid dans le dos. Il montre sans concession la réalité du patrimoine culturel dans une vision tragique d’une faillite consommée. L’installation nous fait rougir de honte devant une telle profanation. L’exposition d’épouvante n’aurait pas eu lieu si la Commission d’urbanisme et de conservation de la Ville avait lu le document sur les lieux de culte. Si elle l’avait lu, le permis de démolir n’aurait pas été accordé pour le motif évident que le décor répondait aux critères d’un bien culturel.

Lire la suite ici.

 


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